Après avoir publié mes souvenirs de service militaire – « Le 5 juillet 1962 à L'Echo d'Oran » –, grâce à l’opportunité offerte par Amazon de me dispenser de perdre mon temps (et mon argent) à solliciter des éditeurs, j'ai décidé de republier les deux premiers tomes de mon roman : Le Voyage d'Augustin Houssard.

 

Le texte de Djemmaa et de Opéra Lacydon a fait l'objet de modifications et, renonçant au pseudonyme « Marsembre », je publie sous mon patronyme cette fois.

 

Le troisième tome est commencé et j'espère pouvoir en achever l'écriture d'ici douze à vingt mois.

 

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Voilà cinquante-huit ans – le 16 juin 1962 –, en plein service militaire, j'accédais à Oran au grade de sous-lieutenant de réserve. Moins de trois semaines plus tard, je recevais pour mission d'occuper avec ma section l'immeuble du journal L'Echo d'Oran afin d'en interdire l'accès durant les festivités prévues à l'occasion de l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet.

 

Ces derniers temps, une suite d'événements fortuits m'a conduit à me rappeler ce passé déjà lointain, souvent occulté ou déformé dans la mémoire collective. Cette démarche a eu pour résultat un livre dans lequel je retrace mon parcours durant le service militaire imposé aux jeunes gens de ma génération.

 

Le « Préambule » que je reproduis ci-dessous donne plus de détails sur la genèse de ce fragment d'autobiographie et le « Sommaire » qui suit résume l'ensemble du contenu de cet ouvrage (version « papier » : 15,4x23,4 – 245 pages).

 

https://www.amazon.fr/juillet-1962-%C3%A0-LEcho-dOran-ebook/dp/B0882VNH8M/ref=tmm_kin_swatch_0?_encoding=UTF8&qid=1592317753&sr=1-1

 

 Couverture : L'EOR Georges Coquilhat au Bordj Robrini (septembre 1961).

 

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 Préambule

 

 La narration de cette histoire vraie en tous points et sans fioritures était des plus improbables. N'ayant par nature aucun goût pour me mettre en scène, je n'avais jamais envisagé d'écrire ne serait-ce qu'un simple chapitre autobiographique.

 

Il a fallu un concours de circonstances pour me décider à entreprendre la rédaction de ce récit couvrant six à sept cents journées de ma vie.

 

En premier lieu, le fait que l'une d'entre elles est historique au vu d'événements épouvantables survenus en un lieu précis où je me trouvais. À ce titre, elle vaut d'être éclairée, si peu cela soit-il, par le témoignage que je suis en mesure d'apporter. Il s'agit du 5 juillet 1962 à Oran.

 

Ensuite, l'article publié dans La Voix du Combattant de mai 2016 sous le titre « La trahison du cessez-le-feu » a été l'élément déclencheur. Son auteur, Gérard Chapuis, était sous-lieutenant au 5e Régiment d'Infanterie, progressivement établi à Oran dans le courant du premier semestre 1962. Il en était de même pour moi. Sans doute nous sommes-nous connus, mais je ne me souviens pas de lui, nous ne faisions pas partie du même bataillon, nous n'étions pas cantonnés au même endroit et son temps de service en Algérie venant à expiration, il s'est embarqué à Mers-el-Kebir fin mai alors que je suis resté dans le pays près de trois mois encore.

 

Au départ, je n'avais en projet que d'écrire une suite menant en deux ou trois pages à l'aboutissement d'un processus fatal. Pour m'aider dans cette tâche, je disposais d'un petit agenda de l'année 1962 que j'ai conservé. De toute mon existence, c'est la seule période durant laquelle j'ai tenu une sorte de journal personnel, quelques mots par jour tout au plus, parfois un simple « RAS » (rien à signaler) ou une page blanche. Peu de chose on le voit, mais la lecture des notes que j'avais griffonnées dans ce carnet m'a permis de retrouver quantité de détails lointains enfouis au fond de ma mémoire.

 

Le destin m'ayant fait historien, j'ai alors éprouvé un impérieux besoin de me replonger dans l'ambiance de l'époque en recourant à des documents consultés sur Internet et il m'est très vite apparu qu'un article dans la revue mensuelle de l'Union nationale des combattants ne suffirait pas à me donner le sentiment du devoir accompli.

 

Il y avait tant à ajouter, tant de réflexions à partager qui me venaient de l'expérience acquise et des éclaircissements apportés, une fois les conséquences connues en raison des années écoulées, sur les causes cachées d'événements dont le bon peuple abusé n'avait pu saisir la portée en son temps !

 

C'est pourquoi je me suis lancé dans une écriture au jour le jour de mon service militaire. Le résultat final en est ce petit livre avec lequel j'ai repassé un peu du film que les ans m'ont laissé en souvenir de ce fragment de ma jeunesse.

 

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 Sommaire

 

Préambule (9)

 

Les classes (11)

1 – Au 18e BCP ; 2 – Le peloton de Souge ; 3 – De Marseille à Alger.

 

L' EMIC (35)

4 – De Lattre et Leclerc ; 5 – La ferme Faizant ; 6 – Le quartier Dubourdieu.

 

Le 5e RI (71)

7 – Aïn-Temouchent ; 8 – Misserghin ; 9 – Bou-Tlelis ; 10 – Oran ; 11 - Trois jours à L'Echo d'Oran ; 12 – Lourmel.

 

Le CI du 5e RI (191)

13 – Blois

 

Épilogue (207)

 

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Quelques extraits illustrés

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 Préambule

 

Mon agenda de 1962.

 Au départ, je n'avais en projet que d'écrire une suite [à un article de Gérard Chapuis publié dans La Voix du Combattant de mai 2016 sous le titre « La trahison du cessez-le-feu »] menant en deux ou trois pages à l'aboutissement d'un processus fatal...

Pour m'aider dans cette tâche, je disposais d'un petit agenda de l'année 1962 que j'ai conservé. De toute mon existence, c'est la seule période durant laquelle j'ai tenu une sorte de journal personnel, quelques mots par jour tout au plus, parfois un simple « RAS » (rien à signaler) ou une page blanche. Peu de chose on le voit, mais la lecture des notes que j'avais griffonnées dans ce carnet m'a permis de retrouver quantité de détails lointains enfouis au fond de ma mémoire.

 

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 Incorporation

 

[...] et voilà comment je me suis trouvé en terminale à un âge canonique.

 On peut penser que j'aurais pu néanmoins obtenir un sursis d'incorporation me permettant de passer les épreuves du baccalauréat dans des conditions normales... Il n'en fut rien. Le premier trimestre scolaire à peine entamé, je reçus l'avis du service militaire actif auquel j'étais assujetti :

« 18 mois + maintien », soit vingt-huit mois au total.

 Non recensé, j'étais exclu d'office de toute possibilité d'obtenir un sursis afin de poursuivre des études.

 

 Au 18e BCP

 

Omis de la classe 1960, recensé avec la classe 1961, je me trouvais rattaché au contingent 61/1B. Respectueux des instructions reçues par courrier – ma convocation, feuille de route et billet de train –, le 3 mars, je me présentai au CI du 18e BCP, quartier Baraguay d'Hilliers à Tours.

 Mon séjour n'y a pas été long et les souvenirs qui m'en restent sont à la même échelle, peu nombreux : un vaste ensemble de bâtiments encadrant une cour proportionnée, la chambrée, les camarades, l'infirmerie, la cantine, la bibliothèque.

Dans cette bibliothèque, j'ai découvert ce que fut l'héroïque « bataille de Sidi Brahim » sans imaginer que j'en ferais le thème central d'un roman historique écrit bien des années plus tard. Voir ci-dessous : Le Voyage d'Augustin Houssard, tome 1 - Djemmaa.

 Photo d'identité en uniforme des chasseurs à pied prise à Tours, début mars 1961. Ce cliché figure sur mon livret militaire et sur ma carte d'identité de sous-officier – aspirant – établie au 5e RI l'année suivante.

 

 Le camp de Souge

 Au retour de Limoges, j'étais déclaré apte à intégrer le peloton préparatoire à la formation des officiers de réserve. C'est ainsi que j'ai fait mes classes non pas à Tours, mais au camp de Souge, près de Bordeaux, au CI du 57e RI...

 C'était un samedi, ce qui nous laissait la journée du dimanche pour nous installer, visiter les lieux, lier connaissance avec nos nouveaux compagnons venus de corps différents afin de constituer ce que l'on appelait au camp « la section des EOR », une quarantaine de troufions assemblés en chambrée dans une grande baraque en bois assez vétuste, la dernière d'un alignement de quatre ou cinq constructions similaires.

Photo en pied devant notre « baraque ».

 

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CHERCHELL

 Cherchell : Maréchal Leclerc

 

Affecté pour ma part à la 9e section de la 7e compagnie …

 

Le lendemain matin ma section passait une visite médicale avec vaccination – une anodine scarification –, ensuite chacun s'est vu offrir une coupe de cheveux tout ce qu'il y a de sérieux. Le surlendemain, perception d'un paquetage, prise de photo d'identité...

 

Photo d'identité à l'EMIC début juillet 1961 : «  une coupe de cheveux tout ce qu'il y a de sérieux ».

 

Entre-temps, bizutage le premier soir évidemment. Nous avions depuis un bon moment quitté la cantine pour les chambrées. Celle qui m'était assignée se trouvait immédiatement à gauche au premier étage du bloc élèves situé le plus au sud – le bâtiment Maréchal Leclerc, mais je ne me rappelle pas avoir entendu quelqu'un le mentionner sous ce vocable à l'époque. Pas mal du tout cette carrée !

 Photos ci dessous :

 A – Intérieur de la chambre : Michel Gertsch écrit une lettre, mon lit se trouve sous mes casiers, ouverts pour la photo, paquet de lessive « PAX » au dessus.

 B – Vue depuis la fenêtre sur le GOE, groupe de l'ordinaire de l'école, autrement dit, la cantine.

 

 

Quoique constituant d'un certain point de vue des temps de repos dans notre programmation hebdomadaire, les gardes étaient contraignantes. Elles mobilisaient l'ensemble de la section pendant vingt-quatre heures sur des postes dans l'enceinte de l'école – entrée principale, entrée Dubourdieu, parc auto, Sidi Yahia... – et au moins un poste à l'extérieur, au bain militaire.

 

Garde à Sidi Yahia

 

 Une clôture métallique séparait de ce côté l'enceinte de l'école d'un groupement d'habitations indigènes. L'endroit figure sur l’une des rares photographies qui me restent de cette époque, elle illustre un moment de rigolade hors service : je viens de faire prisonnier pour rire mon copain de chambrée Nicolas Harris.

 

 

 

La plage et son foyer.

 

 

Une pause d'une heure ou deux sur cette plage comptait parmi les délassements les plus prisés par nous tous, y être de garde offrait l'avantage de pouvoir se baigner et la possibilité de se rafraîchir à l’annexe du foyer entre les factions.

 

 

La ferme Faizant

 

Le bâtiment principal de la ferme était une maison de maître à étage dont la façade affichait un certain décorum avec un escalier double qui descendait de part et d'autre d'un balcon devant la porte d'entrée pour mener à une vaste terrasse. Sous ce pas-de-porte en avancée, était érigé un buste coloré un peu plus gros que nature. On m'a photographié accoudé à cette statue et le cliché est assez bon pour que l'on puisse déchiffrer le patronyme de ce personnage gravé sur une plaque de marbre : « Alexandre Mauguin ».

 

 

 

 

De garde à la ferme

 

 

Roger Bissonnier était de faction quand un corbeau s'est posé sur son casque. Coup de pot ! j'avais mon appareil avec moi. Je n'ai pas raté le cliché. Roger m'a communiqué le tirage qu'il a conservé, parce que de mon côté, le négatif est perdu à jamais comme tant de souvenirs personnels...

 

De garde au Bordj Robrini

Les temps de garde étaient aussi l'occasion de faire des photos. Il ne m'en reste pas beaucoup de ces photos. Parmi elles, il en est une assez réussie où je prends une pose avantageuse et décontractée au Bordj Robrini (Bordj Ghobrini) appuyé à une colonne hexagonale en pierre, le PM en bandoulière sur la poitrine.

 

 Après avoir choisi cette photo pour illustrer ma première de couverture, je me suis avisé que ce cliché d'un jeune soldat français armé, en appui réciproque avec cette colonne hexagonale – comme la France –, mal posée sur sa base et dépourvue de chapiteau, représentait une assez bonne allégorie de cette Algérie de 1961 : une œuvre inachevée, encore défendue par les armes et le sacrifice d'une jeunesse afin de la mener à son terme. Quelle illusion !

 

Le défilé du 11 novembre 1961

 

Le 11 novembre, c'était quatre jours après. Il m'en est resté un souvenir tangible sous la forme d'une photographie. Le temps était magnifique, la commémoration de la victoire de 1918 s'est effectuée suivant le cérémonial habituel au monument aux morts, puis nous avons défilé dans Cherchell en fanfare.

Je me trouvais en bonne place, à un premier rang et porteur du fanion de compagnie adapté à mon fusil. Quelqu'un du club photo prenait des clichés qui furent exposés au foyer. Je figurais sur l'un d'eux ayant capté l'instant précis où nous passions devant la tribune officielle, lieutenant Malassis et sous-lieutenant Cajat en tête.

 

 Promotion Croix de la Valeur militaire

Couverture du Bulletin de promo

 

Cherchell, 6 décembre 1961 : plateau du Vercors. 305 futurs chefs de section viennent de recevoir leurs épaulettes. Devant les 112 sous-lieutenants et les 193 aspirants, le colonel Bernachot, commandant de l'École, souligne que le choix, par les élèves officiers du stage 106, de ce nom de baptême, s'inscrit dans la meilleure tradition des Écoles militaires.

 

 

« Vous avez voulu, en effet, que votre promotion portât le nom de Croix de la Valeur Militaire ».

« Bien que n'étant pas une croix de guerre, la Croix de la Valeur militaire est une décoration qui unit, - comme la Croix de Guerre de 14-18 ou celle de 39-45, - tous ceux d'active ou du contingent, cadres et hommes, qui se sont distingués dans la lutte contre la rébellion ».

« Cette croix, de bronze clair, portant à l'avers l'effigie de la République, est suspendue à un ruban rouge et blanc symbolisant ainsi le sang versé au service de la paix . »

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De Cherchell au 5e RI

 

Quelques jours en famille pour Noël, c'était une très bonne chose. Il m'en reste pour souvenir l'unique photographie – noir et blanc – où je figure en uniforme avec mes épaulettes d'aspirant, au côté de ma grand-mère, devant la PL 17 rouge corail de mon père.

 

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Le 5e RI

À Tlemcen, on m'a informé que je n'allais plus à Beni-Bahdel, le 5e RI venait de quitter les positions qu'il occupait depuis plusieurs années, il était en plein déménagement et se trouvait pour lors du côté d'Aïn-Temouchent.

 

Où était-il précisément ce PC ? Je ne saurais le dire. Je revois par contre assez bien un bâtiment qui pouvait être un corps de ferme, un terrain empierré devant, des véhicules, des caisses, des soldats plus ou moins affairés. On m'a introduit dans une grande pièce au rez-de-chaussée. Des tableaux de travail, des bureaux, des chaises, un caporal, un commandant, deux colonels... Ces officiers étaient le commandant Ader, le lieutenant-colonel Mariot – fumant la pipe assis, dans un fauteuil – et le colonel Berbain. Très aimables avec moi ces officiers, ils m'ont un peu fait causer puis, face à un tableau porte-fiches fixé au mur, le colonel a décidé de mon affectation au 3e bataillon, 9e compagnie. Le 3e bataillon étant celui du commandant Ader, il ne restait plus qu'à me présenter à mon capitaine. Ce fut chose faite dans l'heure.

 

 

La 9e compagnie s'installait à ce moment-là dans une ferme isolée pas très loin d'Aïn-Temouchent. À sa tête, le capitaine d'Azambuja...

 

La première note du capitaine organisant le service intérieur de la ferme est datée du 4 janvier. Six points y sont abordés : propreté des locaux, repas, véhicules, foyer, garde, extinction des feux. La rédaction des points 3 et 5 reflète un état d'alerte permanent.

 

 

Note de service du capitaine d'Azambuja en date du 4 janvier 1962 à Aïn-Temouchent

 

 

 

Oran

Polycopié OAS de l'émission de radio pirate du 30 avril (recto-verso)

  Verso : notre arrivée à Oran (2e paragraphe)

Départ pour Oran dimanche 29 avril. Casenove m'a dépêché en précurseur au lycée Lamoricière où nous avions déjà séjourné une semaine à la fin du mois de mars. Cette fois-ci, nous allions y demeurer plus de deux mois. Le 3/5e RI s'y trouvait réuni au complet et le 1/5e RI était encaserné au lycée Ardaillon.

 D'autres unités ont-elles été amenées dans Oran ce jour-là ? Il semble que oui.

 

Recto et verso : le quotidien à Oran

 Notre mission du lendemain revêtait un aspect devenu routinier : bouclage de quartier avec occupation des rues et des toits par l'armée pendant que les gendarmes mobiles fouillaient les logements [...]

 Le soir, ma section assura la garde pour la nuit et le mardi matin 1er mai nouveau bouclage, boulevard Clemenceau cette fois. Ce fut pour moi l'occasion de suivre de mes yeux le déroulement d'une partie de ces perquisitions chez des particuliers, il n'y en eut pas d'autre ensuite – je rappelle que notre participation se bornait fort heureusement à préserver par notre présence les CRS et les mobiles contre des réactions de l'OAS, étant mêlés à eux, nous leur servions en quelque sorte de bouclier.

 

 

L'atrium de L'Echo d'Oran (photo internet)

 

Il devait être autour de 18 h quand nous sommes rentrés au lycée. Le capitaine d'Azambuja m'a concédé le temps de prendre une douche avant de m'emmener faire un tour en Jeep. Nous avons dû rouler à peine deux minutes, puis le chauffeur a stoppé devant une bâtisse bourgeoise assez ancienne avec balcons aux étages : l'immeuble du journal L’Echo d'Oran. Le capitaine en a franchi le seuil, je l'ai suivi.

 Deux hommes attendaient, ils nous ont fait visiter les lieux. Sitôt après le vestibule d'entrée, on débouchait dans une sorte d'atrium péristyle éclairé par une verrière très haute en guise de plafond. Une mezzanine reposant sur les colonnes desservait les bureaux à l'étage...

 

 De l'étage intérieur, accoudé sur l'entablement du parapet bordant la mezzanine, je regardais ces inconnus – des hommes, des femmes, des enfants, tous d'origine européenne – qui avaient eu la bonne fortune d'atteindre dans leur course éperdue ce rempart placé sous l'égide rassurante de ma section dont les hommes partageaient avec ceux qui en avaient besoin la nourriture apportée moins d'une heure auparavant et que nous n'avions pas eu le temps d'entamer...

 

Sans être immense, le « hall » – je préfère atrium – couvrait une surface que j'évalue grosso modo à 150 m² avec une hauteur sous la verrière de six à huit mètres ; en ouvrant au premier étage les portes des bureaux et les fenêtres nous avions une aération tout à fait suffisante – à l'époque la mezzanine n'était pas fermée par des carreaux de verre comme j'ai pu le voir sur une photo mise en ligne sur Internet –, le « monde » accueilli n'était ni « serré » ni « tassé », des lits picots dépliés servaient de bancs, personne n'a été victime de syncope par manque d'air ou pour une autre raison...

 

Diplôme « en souvenir du temps passé au 5e Régiment d'Infanterie »

 

 Mardi 7 août, mon dernier jour au 5e RI. J'ai fait mes adieux à chacun des gars de ma section et à l'ensemble de la compagnie. À midi, j'étais invité à déjeuner par le colonel qui en cette occasion m'a remis un beau diplôme.

 

Bien entendu il ne s'agit probablement pas d'un document unique en son genre, d'autres que moi en ont sans doute reçu un semblable, mais cela m'a fait plaisir et c'est à n'en pas douter l'un des premiers de ce type étant donné la prise de commandement récente du régiment par le lieutenant-colonel Jézéquel.

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BLOIS

 

 Carte postale

 

 Blois – La caserne Maurice de Saxe, centre d'instruction et dépôt du 5e Régiment d'Infanterie.

 

Le Colonel Fournier Foch


De l'officier qui commandait le Centre d'instruction à mon arrivée ne m'ont marqué que les huit jours d'arrêts de rigueur dont il m'a gratifié dans des circonstances sur lesquelles je reviendrai. Si j'ai oublié son apparence, son nom, son grade exact tout en m'étant trouvé pendant un trimestre sous ses ordres, il en va autrement du colonel Fournier-Foch qui lui a succédé le 14 novembre.

La prise de commandement de celui-ci s'est illustrée par une cérémonie suivie d'un déjeuner au mess sortant de l'ordinaire et dont je détiens toujours le carton illustré du menu. De plus, notre nouveau patron était le petit-fils du maréchal Foch, c'est alors à peu près tout ce que j'ai su de lui.

 

 

 

 

Moins de six mois plus tard, retourné à la vie civile, j'ai appris son arrestation pour intelligence avec l'OAS.

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Le Voyage d'Augustin Houssard

 

Djemmaa est un roman historique ayant pour cadre l'Algérie au temps où le maréchal Bugeaud réglait à sa manière la question du "djihad" que dirigeait l'émir Abd el-Kader.

Augustin Houssard est un héros imaginaire ajouté aux personnages qui ont réellement vécu des événements dont le déroulement est suivi avec la plus scrupuleuse exactitude en ce qui concerne les deux phases clés des opérations militaires - la bataille dite de Sidi Brahim (septembre 1845) et l'expédition du général Cavaignac dans les oasis de Moghrar Tahtani et de Moghrar Foukani (avril-mai1847) - puis la reddition d'Abd el-Kader (décembre 1847).

 

Le diaporama ci-dessous constitue un "digest" illustré du roman. Il faut cliquer sur la première illustration pour agrandir l'image, ensuite l'avancement de l'une à l'autre est manuel.

 

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Opéra Lacydon est le tome second de la saga. Après la cruauté des affrontements guerriers entre hommes dans la cruelle Algérie du djihad, Augustin Houssard retrouve la paix et la douceur des femmes en Provence, dans une ambiance inattendue d'art lyrique. 

Toujours historique l'action est davantage romanesque, les personnages ayant réellement vécus sont beaucoup moins nombreux, le cadre - des quartiers de Marseille au mas Cheylan de La Fare - est nettement plus intime. Bref, il s'agit d'un roman d'amour où les femmes ont le beau rôle dans un monde pourtant machiste, rude mais beau, pudique et conformiste dont le charme désuet est ici retrouvé.

 

Le diaporama ci-dessous constitue un "digest" illustré du roman. Il faut cliquer sur la première illustration pour agrandir l'image, ensuite l'avancement de l'une à l'autre est manuel.

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This website is dedicated to introducing a saga in the process of creation: Augustin Houssard's journeys.

 

The first volume – Djemmaa – is a historical novel set in Algeria in the era of the French colonial conquest (1845 – 1849). It was first published in December 2013 by Amalthée editions.

 

The second volume – Opéra Lacydon – has been published and is currently available on the editor's website Edilivre. It will soon be available on the main online bookshops such as Fnac, Chapitre, Amazon... Still related to the historic genre, but decidedly more fictional, the novel  starts in Algeria and then  develops in Provence throughout the year 1849.

 

The third volume – La F... (?) – is being written at the moment. It is the second instalment of Augustin's stay in Provence, perpetuating the fictional epic genre.

 

Le Voyage d'Augustin Houssard - Tome 1

Djemmaa

Djemmaa

Augustin Houssard, jeune paysan lorrain incorporé pour un service militaire d'une durée de sept ans, s'engage sur un coup de tête pour l'Algérie et se trouve affecté à compter du mois d'août 1845 au poste de Djemmaa Ghazaouet, "assemblée de pirates" en langue arabe.

Un mois plus tard, son bataillon est presque entièrement anéanti par des forces de l'émir Abd el-Kader très supérieures en nombre, au cours d'une bataille dont l'histoire a surtout retenu l'héroïque fait d'armes du marabout de "Sidi Brahim".

Ayant par chance échappé au massacre, Augustin fait partie, deux ans plus tard, de l'effectif d'une importante expédition de pacification aux confins du Sahara puis, de retour à Nemours, nouveau nom attribué à Djemmaa Ghazaouet par une ordonnance royale qui en a fait un "centre de colonisation", il assiste dans la journée du 23 décembre 1847 à la reddition de l'émir Abd el-Kader et à son départ pour un exil définitif.

 

"Sauront-ils jamais en France ce que l'Algérie a coûté de sang de sueurs et de larmes…"

Comte Pierre de Castellane. Souvenirs de la vie militaire en Afrique. Paris 1882

 

Dans Djemmaa, les affrontements guerriers constituent la chaîne historique tandis que la trame romanesque résulte de la mise en action des personnages, authentiques ou imaginaires.

Les sentiments nuancés ou exacerbés qui les agitent au gré des événements, sont exprimés avec une sobriété exempte de vaine sophistication et le passé revit par l'effet d'une efficace combinaison de la connaissance et du rêve.


 

 


Augustin Houssard was a young peasant from Lorraine who had joined the military for a seven year period. Acting on an impulse, he had volunteered for Algeria and, in August 1845, found himself stationed at Djemmâa Ghazaouet  - meaning "the pirate assembly" in Arabic.

 

One month later, his outnumbered battalion was almost entirely destroyed by Emir Abd el-Kader’s troups in a battle that history recorded as themost heroic act of war by the marabout from Sidi Brahim.

 

Having emerged unscathed from the bloodshed, Augustin got involved, two years later, in an important pacification expedition in the far reaches of the Sahara. Then, he went back to Djemmâa Ghazaouet which had been renamed Nemours by a Royal decree henceforth making it a "central colonization place". On December 23, 1847, he witnessed Emir Abd el-Kader’s surrender and departure for a permanent exile.

 

"Will France ever know the toll of blood, sweat and tears that Algeria entailed ...

Comte Pierre de Castellane. Souvenirs de la vie militaire en Afrique. Paris 1882

 

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In the novel “Djemmâa”, military confrontation constitutes the main historical thread while the novelistic framework results from the interaction of fictitious or real characters.

 

Tossed about by events, these characters’ subtle or exacerbated feelings are expressed with sobriety, devoid of vain sophistication, allowing events from the past to resurface through an effective combination of knowledge and dreams.

 

Le Voyage d'Augustin Houssard - tome 2

Opéra Lacydon

Opéra Lacydon

Augustin a survécu à ses blessures. Soigné à l'hôpital militaire d'Alger, il retrouve Pilar qui a changé de vie.

Grâce à elle, il rencontre Zelinda et Plautilla, des cantatrices italiennes d'une "compagnia di canto" en tournée.

Il se lie d'amitié avec les deux jeunes femmes à bord du paquebot qui les transporte à Marseille, lui pour y subir à l'Hôtel-Dieu une opération chirurgicale vitale, elles pour y reprendre leurs activités régulières à l'Opéra de la ville où elles sont sous contrat.

Dans le quartier du Panier, à proximité des quais du Lacydon – le "Vieux-Port" – Augustin noue avec Zelinda une relation étrange et tumultueuse.

Puis il fait la connaissance de Sylvie à l'occasion de la fête paroissiale au village de La Fare, le 4 septembre 1849. Les deux jeunes gens tombent mutuellement amoureux mais les convenances sociales sont là pour tenter de les séparer.


 

Après le bruit et la fureur des armes dans un milieu viril et guerrier, au sein de l'armée d'Afrique, la seconde étape du voyage de la vie d'homme d'Augustin Houssard se déroule surtout en compagnie de femmes, dans le milieu lyrique de l'opéra italien.

Au cadre de la violente et cruelle Algérie de Djemmaa Ghazaouet succède celui de la Provence heureuse et paisible du Lacydon et de La Fare.

Au temps amer d'une conquête coloniale faite de douloureux sacrifices succède un temps propice à la quête du bonheur… Et l'histoire s'efface devant le roman.



 

 

Augustin survived his injuries. Treated at the military hospital in Algiers, he met up with Pilar again, the woman who had changed his life. Thanks to her,he met Zelinda and Plautilla, some Italian singers on tour with a "compagnia di canto".

 

He became friends with the two young women aboard the ship to Marseille where he was to undergo vital surgery at the Hotel-Dieu. The girls, as for them, would resume their regular activities at the Opera of the city where they were under contract.

 

In the Panier district, near the banks of Lacydon - the "Vieux Port" - Augustin indulged in a strange and tumultuous relationship with Zelinda.

 

Then, he met Sylvie at the village of La Fare on the parish feast day, September 4, 1849. The two young people fell in love but social conventions were there to try and separate them.

 

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After the sound and the fury of arms in a manly environment of war in the army of Africa, the second stage of Augustin Houssard’s journey as a man unravels in the company of women in the lyrical background of Italian opera.

 

After Djemmâa Ghazaouet’s setting in cruel and violent Algeria, comes happy and peaceful Provence of Lacydon and La Fare.

 

Following the bitter times of colonial conquest filled with painful sacrifices, now is the time for the pursuit of happiness ...

 

And history gives way to the novel.